Une baisse des ventes des logements neufs de 20 % en un an
À la fin du 3ème trimestre 2025, le nombre de logements neufs vendus a baissé de plus de 20 % en un an. Il s’agit du chiffre le plus faible enregistré depuis six ans.
Source : FPI
La suppression du dispositif Pinel à la fin de l’année 2024 a été un coup très dur pour le secteur, entraînant par ricochet une chute drastique de l’investissement locatif. En un an, les ventes destinées aux investisseurs individuels se sont effondrées de 55 %, avec seulement 2 183 logements sur le trimestre.
Les ventes aux propriétaires occupants diminuent aussi (-2,2 %) malgré des conditions de financement plus favorables et l’élargissement du prêt à taux zéro (PTZ).
Les autres catégories, à savoir les résidences services et les logements en blocs à destination des investisseurs institutionnels, souffrent aussi avec un recul des ventes de 19 % en un an.
Des délais d’écoulement des biens immobiliers élevés
Les délais de vente biens immobiliers neufs restent longs. Selon la fédération, il fallait compter environ 19 mois aux promoteurs pour écouler leur stock commercial à la fin du troisième trimestre. Ce délai avait atteint un point haut de 22 mois au cours du deuxième trimestre 2024, contre une moyenne de 11 mois observée entre 2019 et 2021.
Des prix immobiliers qui restent au sommet
Malgré l’effondrement de la demande, les prix dans le neuf ne sont pas significativement ajustés, à la différence de l’ancien qui est beaucoup plus élastique aux variations de prix.
Source : FPI
Les prix du neuf sont structurellement élevés et déconnectés du pouvoir d’achat immobilier des ménages. Stabilisés au-dessus de 5 000 €/m², ils sont « contraints par la hausse des coûts » (réglementation, fiscalité, difficultés d’obtention des autorisations, etc.) au grand dam de la fédération.
Le statut du bailleur comme antidote à la crise ?
La FPI « salue la convergence des députés issus de toutes les familles politiques, qui ont su dépasser les clivages partisans pour affirmer ensemble une conviction partagée : il faut agir simultanément pour le logement social et pour le logement privé ».
La fédération poursuit : « cet engagement commun reflète une volonté politique rare : il n’y aura pas de sortie de crise sans action forte et simultanée sur le logement privé et le logement social ».
Elle s’inquiète cependant : « cet espoir reste suspendu à une réalité institutionnelle cruelle. Sans adoption du projet de loi de finances pour 2026 avant la fin de l’année, le statut du bailleur privé disparaîtra purement et simplement du paysage législatif. Ce serait un échec collectif et une catastrophe pour tous nos concitoyens, car si l’élan politique est là, il manque encore la dernière étape : celle de la responsabilité et de l’aboutissement ».
Les lois fiscales dans le neuf se sont succédé à un rythme soutenu depuis les années 90, ce qui l’a rendu dépendant des subventions. Dans un contexte budgétaire particulièrement contraint, l’enjeu principal pour les pouvoirs publics est d’arriver à fixer le bon curseur pour relancer la filière sans dégrader davantage les finances publiques.
Le statut du bailleur privé est en gestation depuis plusieurs mois et devrait normalement être intégré au projet de loi de Finances 2026, sauf turpitude de dernière minute...
Pascal Boulanger, Président de la FPI, alerte : « L’heure est grave. Jamais le sort du logement
neuf n’aura été aussi incertain. Nous sommes aujourd’hui soumis à une situation qui nous
dépasse : tout dépend désormais de la capacité du gouvernement et du Parlement à
s’accorder pour offrir à la France une loi de finances. S’il n’y en a pas à la fin de l’année, il n’y
aura pas de statut du bailleur privé. ».
Pour aller plus loin :
Les chiffres de la promotion privée du 3ème trimestre 2025 - FPI.
Axel Masson
Rédaction du Village des Notaires et du Patrimoine