Nature des données transmises à l’Autorité des marchés financiers
La réglementation européenne (directive MIF2), impose aux prestataires de services d’investissement (PSI) établis au sein de l’Union européenne de déclarer aux régulateurs l’ensemble des transactions effectuées sur des instruments financiers négociés sur les marchés (actions, obligations, ETF, certificats, warrants, options, produits de bourse, etc.), à l’exception des transactions portant sur des parts de placements collectifs (par exemple des FCP, SICAV, SCPI, OPCI…)
En France, l’analyse statistique de ce flux de données a conduit l’AMF à mettre en place un tableau de bord trimestriel des investisseurs particuliers utilisant les services d’un prestataire de services d’investissement (PSI) établi en France (à l’exception de ses succursales à l’étranger) ou la succursale en France d’un PSI de l’Union européenne et réalisant des transactions sur des instruments financiers cotés dans l’Union européenne.
Stabilité globale du nombre d’investisseurs avec une percée des ETF (exchange-traded funds)
La France n’a jamais été un pays de « boursicoteurs ». Cependant, la santé des marchés financiers a toujours un impact (à la hausse comme à la baisse) sur l’évolution du nombre d’investisseurs et des transactions qu’ils réalisent.
Ainsi, au 3ème trimestre 2025, 780 000 particuliers ont acheté ou vendu des actions en France, ce qui constitue le niveau le plus élevé observé ces quatre dernières années pour un troisième trimestre. Cependant, si on neutralise les effets saisonniers, le nombre d’investisseurs ayant acheté/vendu des actions n’a pas connu d’évolution significative depuis 2020.
Si on considère les seuls ETF, 400 000 particuliers ont acheté ou vendu ce type d’instruments financiers au cours du 3ème trimestre. Ce chiffre est en hausse de 45 % par rapport au 3ème trimestre 2024. Sur les cinq dernières années, la hausse est tout aussi significative.
L’AMF définit l’ETF comme étant « un fonds indiciel qui cherche à suivre le plus fidèlement possible l’évolution d’un indice boursier, la hausse, comme à la baisse. Les ETF sont des fonds d’investissement émis par des sociétés de gestion agréées ». Comme les actions, ils s’échangent en continu aux heures d’ouverture de la Bourse.
Les ETF sont en effet de plus en plus à la mode dans le monde de l’investissement. Ils sont ainsi de plus en plus considérés comme une alternative crédible au processus de sélection d’entreprises individuelles composant un portefeuille boursier, jugé complexe et/ou chronophage.
Ils sont aussi venu largement entamer la position des traditionnels organismes de placement collectifs (OPC). Les ETF sont réputés pour être moins gourmands en frais et garantissent une meilleure diversification indicielle, géographique et sectorielle des investissements.
Record du nombre de transactions sur actions et ETF
Face à une relative stabilité dans le temps du nombre d’investisseurs actifs en bourse, l’AMF note cependant que ces derniers ont tendance à réaliser de plus en plus de transactions.
Ainsi, au 3ème trimestre 2025, les transactions réalisées en France par des particuliers sur des actions cotées dans l’Union européenne se sont établies à 10,9 millions. En prenant le nombre cumulé de transactions à fin septembre, les résultats de 2025 (34,2 millions) dépasse nettement ceux des trois dernières années. Les transactions sur ETF ont atteint 1,7 million, en baisse par rapport aux deux trimestres précédents. Cependant, comme pour les actions, le cumul à fin septembre 2025 a atteint un niveau record.
Les investisseurs semblent donc de plus en plus actifs et font tourner leurs portefeuilles plus fréquemment. Une tendance plus court-termiste de l’investissement boursier est-elle à l’œuvre ?
Pour aller plus loin :
Tableau de bord des investisseurs particuliers actifs -n° 20 - octobre 2025
Axel Masson
Rédaction du Village des Notaires et du Patrimoine