Bienvenue sur le site des Experts du patrimoine

Site de référence d’information juridique pour tout ce qui concerne les problématiques patrimoniales Notaires, professionnels de l’immobilier, de la gestion de patrimoine, de la banque, des finances et de l’assurance vous disent tout !

Nouveau !

Devenez auteur !

Retrouvez aussi l’actualité des legs et donations / rubrique associations

+ management des offices
Panneaux photovoltaïques sur les terres agricoles : friches et agrivoltaïsme

Panneaux photovoltaïques sur les terres agricoles : friches et agrivoltaïsme

À la suite d’une question parlementaire, renouvelée [1], sur la raison qui favoriserait et inciterait à délaisser les terres agricoles pour les transformer en friches afin de pouvoir installer des panneaux photovoltaïques, le Gouvernement tente de clarifier les règles relatives à l’installation de panneaux photovoltaïques sur les terres agricoles, différentes selon que ces dernières sont exploitées (interdiction) ou en friche (autorisation).

Abordant les enjeux environnementaux, agricoles et énergétiques, la réponse de la ministre déléguée auprès du ministre de l’Intérieur et des Outre-mer et du ministre de la Transition écologique et de la Cohésion des territoires, chargée des Collectivités territoriales et de la Ruralité, révèle l’engagement de la France dans la transition énergétique et souligne des orientations stratégiques pour l’utilisation des espaces agricoles en soutien au développement durable et à la production d’énergie renouvelable. Au-delà, la demande d’explications de Mme Christine Herzog (sénatrice de la Moselle, Union Centriste) sur l’interdiction des panneaux photovoltaïques sur les terres agricoles exploitées vs leur autorisation sur les friches rurales est l’occasion de revenir sur les données juridiques sous-tendant la discussion.

Définition légale des friches

Rappelons, à la suite de la réponse de Mme Dominique Faure, que la loi Climat et Résilience [2] a introduit la notion de friche dans le Code de l’urbanisme.

Une friche est désormais légalement définie comme « tout bien ou droit immobilier, bâti ou non bâti, inutilisé et dont l’état, la configuration ou l’occupation totale ou partielle ne permet pas un réemploi sans un aménagement ou des travaux préalables » (C. Env., art. L.111-26).

Cette définition englobe l’ensemble des terrains, tant urbains que ruraux. Et, comme l’indique le Gouvernement, « cette notion de friche est bien différente de la notion de "friche agricole" qui désigne généralement des espaces à vocation agricole qui ont été laissés à l’abandon », que sont concernés notamment par l’article L. 112-1-1 du Code rural et de la pêche maritime.

Un enjeu de lutte contre l’artificialisation des sols et de gestion économe des espaces

La ministre l’affirme clairement : « le Code de l’urbanisme n’incite (...) pas à délaisser les terres agricoles pour les transformer en friches afin de pouvoir y implanter des installations de panneaux photovoltaïques. » Et ceci, à deux égards.

En premier lieu, le but de la réglementation est lutter contre l’artificialisation des sols [3] et à promouvoir la gestion économe des espaces [4].

À noter : selon les données de l’Agreste [5], la France a perdu 2,4 millions d’hectares de terres agricoles entre 1982 et 2018, principalement en raison de l’urbanisation et de l’artificialisation des sols [6].

Et, pour ce faire, il est essentiel de mobiliser prioritairement des gisements fonciers disponibles au sein des espaces déjà urbanisés. C’est la raison pour laquelle l’implantation des projets d’installations d’énergie photovoltaïque doit être envisagée en priorité non seulement sur les friches (au sens de la définition précitée), mais aussi sur les espaces dégradés et les bâtiments.

En second lieu, l’article 54 de la loi n° 2023-175 du 10 mars 2023 relative à l’accélération de la production d’énergies renouvelables précise les conditions d’implantation des installations de production d’énergie photovoltaïque sur des terrains agricoles, en définissant les installations agrivoltaïques considérées comme nécessaires à l’exploitation agricole.

Définition : une installation agrivoltaïque est une « installation de production d’électricité utilisant l’énergie radiative du soleil et dont les modules sont situés sur une parcelle agricole où ils contribuent durablement à l’installation, au maintien ou au développement d’une production agricole ».

Il est vrai que l’on attend encore les précisions sur la mise en oeuvre du texte. Le Gouvernement indique à ce titre que le décret en Conseil d’État est en cours d’élaboration. Affaire à suivre, donc !

Source : Rép. min., QE Sénat n°04730 et n°05977, JO Sénat 12 oct. 2023, p.5842


Notes :

[3Min. Écologie, Artificialisation des sols

[4Sur ce point, voir not. C. Env., art. L.141-6 à L.141-9

[5Site de recensement agricole du ministère de l’Agriculture et de la Souveraineté alimentaire, https://agreste.agriculture.gouv.fr/agreste-web

  • Panneaux photovoltaïques sur les terres agricoles : friches et agrivoltaïsme

Commenter cet article

Vous pouvez lancer ou suivre une discussion liée à cet article en cliquant et rédigeant votre commentaire. Votre message n’apparaîtra qu’après avoir été relu et approuvé. Nous ne publions pas de commentaires diffamants, publicitaires ou agressant un autre intervenant.

A lire aussi dans la même rubrique :

Zéro Artificialisation Nette : 17 leviers pour une sobriété foncière durable

À l’heure où la transition écologique impose de repenser notre usage du sol, l’Ordre des géomètres-experts formule 17 propositions concrètes pour accompagner la trajectoire de sobriété foncière et atteindre l’objectif Zéro Artificialisation Nette (ZAN). (...)

Lire la suite ...

Exonération de taxe foncière en faveur des économies d’énergie

Logements anciens (achevés avant le 1er janvier 1989) Les dépenses engagées par un contribuable pour installer des équipements destinés à réduire les consommations d’énergie peuvent ouvrir droit à une exonération de taxe foncière d’une durée de trois (...)

Lire la suite ...

Légère hausse de l’indice des fermages en 2025

L’indice des fermages Jusqu’en 2009, l’évolution du montant des fermages payés par les exploitants agricoles était régie par la loi du 2 janvier 1995 [2] qui prévoyait l’indexation de l’indice uniquement sur l’évolution des revenus agricoles. Par (...)

Lire la suite ...

Logement social : la Banque des Territoires et Action Logement renforcent leur alliance

Un plan de relance ambitieux de 24 milliards d’euros Le 18 juin 2025, la Banque des Territoires et Action Logement ont formalisé un nouvel accord de partenariat d’une durée de deux ans (2025-2027), avec à la clé vingt-quatre milliards d’euros (...)

Lire la suite ...