Bienvenue sur le site des Experts du patrimoine

Site de référence d’information juridique pour tout ce qui concerne les problématiques patrimoniales Notaires, professionnels de l’immobilier, de la gestion de patrimoine, de la banque, des finances et de l’assurance vous disent tout !

Nouveau !

Devenez auteur !

Retrouvez aussi l’actualité des legs et donations / rubrique associations

+ management des offices

 
 /  Immobilier

Le renforcement de la lutte contre les incendies dans les espaces boisés

Le renforcement de la lutte contre les incendies dans les espaces boisés

La loi n°2023-580 du 10 juillet 2023 [1] qui vise à renforcer la prévention et la lutte contre l’intensification et l’extension du risque incendie instaure de nouvelles dispositions relatives aux mutations de parcelles boisées et renforce l’obligation légale de débroussailler.

Elle créé également un nouveau droit de préemption au profit des communes. Les membres de Ruranot reviennent sur ce texte et ses conséquences.

I/ Obligation de débroussailler ou de maintien en l’état débroussaillé

A/ Une condition à la mutation de biens

La loi du 10 juillet 2023 [2] renforce les obligations des propriétaires de surfaces concernées par l’obligation légale de débroussaillement ou de maintien en état débroussaillé. La nouvelle rédaction de l’article L 134-16 du Code forestier [3] prévoit dans son premier alinéa que « la mutation d’un terrain, d’une construction, d’un chantier ou d’une installation, concerné par une obligation de débroussaillement ou de maintien en l’état débroussaillé est conditionnée au respect de cette obligation sur ce terrain, aux abords de cette construction, de ce chantier ou de cette installation. […] »

Ainsi, dorénavant, la mutation d’un bien soumis à cette obligation peut avoir lieu uniquement si l’obligation de débroussaillement ou de maintien en l’état débroussaillé est respectée. Cette obligation s’applique dans la limite de la propriété sur laquelle la construction, le chantier ou l’installation objet de la mutation se trouve.

Cette nouvelle obligation s’ajoute à celles qui existent déjà et qui imposent au propriétaire du bien d’informer les futurs acquéreurs et les preneurs à bail de l’obligation de débroussailler (L 134-16 du Code Forestier, al.2 et 3 [4]).

À compter du 1er janvier 2025, cette information sera transmise au futur acquéreur ou au locataire en étant intégrée dans l’état des risques relatif au risque incendie et pollutions, annexé au contrat de vente ou de location des biens concernés.

B/ Des contrôles et sanctions renforcés

Le maire est tenu de faire respecter l’obligation légale de débroussaillage. Le décret 2023-706 du 1er août 2023 [5] est venu préciser les sanctions en cas de non-respect de cette obligation.

Toutes les infractions à cette obligation sont désormais classées en contravention de cinquième classe. Une amende pénale de 1 500 euros maximum (3 000 euros en cas de récidive) peut être prononcée. Le maire a également la possibilité d’attribuer en plus une amende allant jusqu’à 50 euros du m² non débroussaillé.

C/ Conséquences sur les documents d’urbanisme

La loi du 10 juillet 2023 impose que l’ensemble des obligations légales de débroussaillement prévues par le Code forestier soient annexées aux documents d’urbanisme des communes concernées tels que le PLU (plan local d’urbanisme) ou la carte communale.

II/ Un nouveau droit de préemption pour les communes

L’article L 131-6-1 du Code forestier [6], créé par la loi du 10 juillet 2023 prévoit qu’en cas de vente d’une propriété forestière qui n’est pas dotée d’un document de gestion et qui est située dans un massif forestier inclus dans le périmètre d’un plan départemental ou interdépartemental de protection des forêts contre les incendies, la commune sur le territoire de laquelle se trouve cette propriété bénéficie d’un droit de préemption.

Ce droit de préemption n’est pas prioritaire sur celui appartenant à l’Etat en cas de vente de parcelles boisées, de moins de quatre hectares, si une parcelle domaniale jouxte le bien en vente. Ce nouveau droit de préemption de la commune prime en revanche sur le droit de préférence des propriétaires voisins.

III/ Renforcement du plan simple de gestion des parcelles boisées

Le plan simple de gestion, document réalisé pour une durée de 10 à 20 ans, qui prévoit le programme des interventions prévues dans certaines parcelles boisées, devient obligatoire pour les propriétés de plus de 20 hectares d’un seul tenant (le seuil était fixé à 25 hectares avant la promulgation de la loi du 10 juillet 2023).

Il est aussi obligatoire pour les propriétés de plus de 20 hectares qui ne sont pas d’un seul tenant, mais calculés en prenant en compte le bloc de parcelles principal et les parcelles isolées de plus de quatre hectares sur cette commune et les communes limitrophes.

Les propriétés de plus de 10 hectares, soumises à un engagement fiscal au titre du DEFI Forêt « Achat » sont aussi soumises à l’obligation d’avoir un plan simple de gestion.

Concernant le contenu de ce plan simple de gestion, la loi du 10 juillet 2023 apporte des modifications. Dorénavant, le document doit intégrer une brève analyse des enjeux de défense des forêts contre les incendies.

Article initialement paru sur le site Ruranot.


Notes :

Commenter cet article

Vous pouvez lancer ou suivre une discussion liée à cet article en cliquant et rédigeant votre commentaire. Votre message n’apparaîtra qu’après avoir été relu et approuvé. Nous ne publions pas de commentaires diffamants, publicitaires ou agressant un autre intervenant.

A lire aussi dans la même rubrique :

Mieux protéger nos maisons face aux aléas naturels : un guide pour renforcer la résilience du bâti

Les recommandation de la MRN Au-delà des spécificités techniques propres à chaque aléa, la MRN recommande quelques principes généraux pour renforcer la résilience du bâti : cartographier les risques à l’échelle locale, notamment grâce au portail (...)

Lire la suite ...

La Cour des comptes prône le statu quo sur la fiscalité des plus-values immobilières des particuliers

Une taxation qui remonte à 1976 et qui a connu de nombreuses évolutions La taxation des plus-values immobilières existe depuis 1976. Déjà à l’époque, le but était de lutter contre la spéculation immobilière. Les résidences principales ayant été exclues (...)

Lire la suite ...

La part des passoires énergétiques dans le parc immobilier français décroit progressivement

Au 1er janvier 2025, les passoires énergétiques représentent 12,7 % du parc immobilier français Le 1er janvier 2025, la France comptait 30,9 millions de résidences principales. L’ONRE a estimé le nombre de « passoires énergétiques » (étiquettes F et G (...)

Lire la suite ...

La vente à réméré, une solution pour monétiser un patrimoine immobilier

Pourquoi monétiser son patrimoine immobilier ? La vente à réméré fait partie de la famille des solutions de refinancement ou de « monétisation » d’un patrimoine immobilier existant. Cette opération transmet la propriété du bien immobilier pendant une (...)

Lire la suite ...