Bienvenue sur le site des Experts du patrimoine

Site de référence d’information juridique pour tout ce qui concerne les problématiques patrimoniales Notaires, professionnels de l’immobilier, de la gestion de patrimoine, de la banque, des finances et de l’assurance vous disent tout !

Nouveau !

Devenez auteur !

Retrouvez aussi l’actualité des legs et donations / rubrique associations

+ management des offices
Force exécutoire de l’acte d’avocat : pour la Chancellerie, c’est non !

Force exécutoire de l’acte d’avocat : pour la Chancellerie, c’est non !

Sur question parlementaire, la Chancellerie vient-elle de clore les débats sur l’épineuse question de la reconnaissance de la force exécutoire à l’acte d’avocat, notamment dans le cadre des MARD ?

Le sénateur membre du groupe LR, Antoine Lefèvre souhaitait attirer l’attention du ministre de la Justice, sur le caractère exécutoire de l’accord de médiation contresigné par acte d’avocat, notamment en matière de médiation familiale. La Chancellerie a répondu jeudi 5 novembre qu’elle « ne soutient pas de projet de réforme législative en ce sens ».

Pour rappel, le sénateur expliquait dans sa question que le Conseil National des Barreaux (AG du 3 avril 2020) souhaitait que la force exécutoire soi attribuée, à titre expérimental, à l’acte d’avocat, dans le cadre de la médiation et de la procédure participative, ces dernières étant « largement encouragées par les pouvoirs publics ces dernières années ». Telle était également, s’agissant des MARD, l’une des treize propositions de la Mission Perben sur l’avenir de la profession d’avocat (rapport remis en en juillet 2020), ce qui avait provoqué une vive réaction du CSN (voir notre article ici).

Dans sa réponse, le ministre de la Justice détaille explique son refus d’inscrire un projet de réforme dans l’agenda parlementaire, la principale raison étant le risque d’inconstitutionnalité : « permettre aux avocats de donner eux-mêmes force exécutoire aux accords de médiation qu’ils contresignent présente un fort risque d’inconstitutionnalité ». Comme l’a en effet établi le Conseil constitutionnel en 1999 [1]),« le législateur ne [peut] autoriser des personnes morales de droit privé à délivrer des titres exécutoires qu’à la condition qu’elles soient chargées d’une mission de service public. Or, les avocats dont l’indépendance interdit qu’ils soient soumis dans l’exercice de leurs missions à un contrôle administratif, ne sauraient être considérés comme exerçant une telle mission dans les conditions notamment définies par le Conseil d’État ».
Ensuite se pose la question de la véritable portée juridique d’une telle mesure sur les médiations : l’efficacité en est en effet, selon la Chancellerie, « déjà assurée » dès lors que « la loi permet d’obtenir l’homologation des accords conclus dans ce cadre, et ce dans des délais brefs devant l’ensemble des juridictions ».
Enfin, la Chancellerie souligne que la libre circulation de ces actes ne pourrait,au regard des règles européennes, être assurée avec la même reconnaissance (voire avec une moindre efficacité) par rapport aux décisions de justice et aux actes authentiques.

Cette réponse porte un certain poids, un mois après le 116ème Congrès des Notaires auquel avait participé Eric Dupond-Moretti et lors duquel l’ancien président du Conseil Supérieur du Notariat, Jean-François Humbert avait non seulement rappelé la nécessité de « réaffirmer la place du notaire dans la société » (ce dernier étant « historiquement une émanation du juge »), mais aussi martelé que la reconnaissance de la force exécutoire aux actes d’avocats était, tout à la fois, un « défi à la logique », un « affront à la raison » et une « entorse à l’État de droit » [2].

Source : Rép. min. à QE n° 17709, JO Sénat, 5 nov. 2020, p. 5130

Simon Brenot pour la Rédaction du Village des Notaires


Notes :

[1[Cons. const., 23 juill. 1999, n° 99-416 DC, JO 28 juill.]->https://www.conseil-constitutionnel.fr/decision/1999/99416DC.htm

[2Sur le 116e Congrès des notaires, voir notamment la liste finale de propositions

  • Force exécutoire de l’acte d’avocat : pour la Chancellerie, c’est non !

A lire aussi dans la même rubrique :

Interview de Pierre-Jean Meyssan, Président du 109ème Congrès des notaires.

Vous avez été désigné Président du 109ème Congrès des notaires, qu’est-ce que ce rôle représente pour vous et en quoi consiste-t-il ? C’est l’aboutissement d’un parcours qui a débuté en 1995 puisque j’ai été sollicité pour être rapporteur au (…)

Lire la suite ...

Le Conseil Supérieur du Notariat rejoint le GIP "UNJF", offrant ainsi une plateforme web aux étudiants

Tous les élèves inscrits auprès de l’un des Instituts des Métiers du Notariat "IMN" ou Centres de Formation Professionnelle des Notaires "CFPN" peuvent désormais accéder à l’ensemble des cours de droit en ligne accompagnés de guides (…)

Lire la suite ...

La condition de nationalité n’est plus requise pour devenir notaire

La grande chambre de la Cour de justice des communautés européennes a rendu hier, mardi 24 mai 2011, une décision dans laquelle elle considère « qu’en imposant une condition de nationalité pour l’accès à la profession de notaire, la République (…)

Lire la suite ...

Délibération de la CNIL concernant le traitement des données à caractère personnel au sein du notariat.

Ce texte précise notamment les opérations visées, les personnes concernées et s’exprime sur la conservation des données et sur les mesures de sécurité. S’appliquant principalement aux communications de données vers des applications internes ou (…)

Lire la suite ...