Bienvenue sur le site des Experts du patrimoine

Site de référence d’information juridique pour tout ce qui concerne les problématiques patrimoniales Notaires, professionnels de l’immobilier, de la gestion de patrimoine, de la banque, des finances et de l’assurance vous disent tout !

Nouveau !

Devenez auteur !

Retrouvez aussi l’actualité des legs et donations / rubrique associations

+ management des offices
La vente de produits financiers aux personnes âgées

La vente de produits financiers aux personnes âgées

Le processus de commercialisation de produits financiers à destination des populations vieillissantes fait l’objet d’un rapport académique publié en février 2023. Cette étude sociologique inédite s’intéresse de plus près aux pratiques de vente appliquées par les établissements bancaires et les professionnels de la finance et à la relation client qu’ils mettent en place pour leur clientèle âgée. Elle prolonge ainsi les travaux déjà effectués sur le sujet par l’Autorité des marchés financiers (AMF) et l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR).

Le vieillissement de la population s’accélère en France et ce constat démographique remet la notion d’inclusion financière au centre des préoccupations des acteurs de la finance : on estime à 5 % le nombre de personnes de plus de 75 ans en France en 2040. Or la clientèle sénior est un important vivier pour les banques compte tenu du volume d’actifs qu’elle détient généralement.

Cette recherche, dirigée de concert par l’Université Paris-Dauphine et Sciences Po Paris, propose des solutions pour lutter contre les risques de discrimination envers les personnes âgées présentant une vulnérabilité et l’usage de pratiques commerciales trompeuses à leur encontre, afin d’éviter une commercialisation de produits financiers qui leur serait inadaptée.

Elle repose notamment sur 73 entretiens menés avec :

  • des acteurs de banques de détail, de banques privées, et de compagnies d’assurance ;
  • des conseillers en gestion de patrimoine indépendants ;
  • des régulateurs ;
  • et des associations de consommateurs et de personnes âgées.

Face à cette catégorie de population, dont la capacité est susceptible d’être remise en cause, les acteurs bancaires s’exposent à plusieurs risques : celui d’être accusé de vente abusive, d’abus de faiblesse et/ou de discrimination, mais aussi celui d’une perte de clientèle le cas échéant.

Ils doivent ainsi redoubler d’attention avec cette clientèle pour s’assurer mais aussi pour démontrer que le client âgé a bien donné son consentement éclairé à la réalisation de tels ou tels investissements. Mais pour cela, encore faut-il définir et détecter les situations de vulnérabilité. Le but de l’étude est ainsi de déterminer des bonnes pratiques d’interaction des conseillers bancaires avec cette clientèle spécifique, afin que soient prises en compte, notamment, certaines caractéristiques sociales et comportementales.

On peut déjà observer certaines bonnes pratiques en la matière, parmi lesquelles :

  • la formation des salariés aux besoins spécifiques des personnes âgées et au repérage de la perte d’autonomie,
  • la nomination de conseillers référents ;
  • l’intervention d’un responsable hiérarchique dans les situations incertaines impliquant des clients séniors ;
  • le renforcement de la sécurité des comptes en ligne ;
  • les partenariats avec d’autres acteurs engagés dans la protection des personnes âgées (mandataires de protection, notaires, associations) ;
  • le recours plus significatif au mandat de protection future.

Les besoins identifiées des personnes âgées dans le processus de commercialisation de produits financiers sont de deux ordres : les besoins interactionnels (temps qui leur est consacré, qualité de la relation avec le conseiller) et les besoins techniques (adaptation de la communication, proposition de produits spécifiques). Pour s’y adapter et renforcer les pratiques observées sur le terrain, le rapport soumet des recommandations concrètes regroupées en 4 catégories :

  1. L’intégration de la notion de déprise financière ;
  2. La connaissance du client ;
  3. L’ajustement de l’organisation interne ;
  4. La détection de la déprise et prévention des conflits d’intérêt.

Notons que la législation à laquelle sont actuellement soumis les salariés bancaires constitue un frein à la mise en place de certaines mesures. Pour illustration, le secret professionnel limite la possibilité d’effectuer un signalement des cas de personnes vulnérables au Procureur de la République ou au médecin traitant, une bonne pratique préconisée par le milieu associatif.

Accédez à l’intégralité du rapport ici. Pour la synthèse, rendez-vous ici.

  • La vente de produits financiers aux personnes âgées

Commenter cet article

Vous pouvez lancer ou suivre une discussion liée à cet article en cliquant et rédigeant votre commentaire. Votre message n’apparaîtra qu’après avoir été relu et approuvé. Nous ne publions pas de commentaires diffamants, publicitaires ou agressant un autre intervenant.

A lire aussi dans la même rubrique :

L’avance en compte courant d’associé pour financer les besoins de trésorerie de l’entreprise

Qui peut faire une avance en compte courant d’associé ? Les personnes pouvant réaliser des avances en compte courant sont les suivantes : associé(e)s et actionnaires personnes physiques de la société ; les dirigeant(e)s de la société (…)

Lire la suite ...

L’assurance-vie a battu de nouveaux records de collecte en octobre 2025

La collecte en assurance-vie a dépassé les dix-sept milliards d’euros en octobre Les épargnants français ont investi 17,1 milliards d’euros sur leurs contrats d’assurance-vie, un chiffre en hausse de 14 % en un an. Depuis janvier, 160,3 (…)

Lire la suite ...

Les OPCI sont encore en phase de convalescence

Les OPCI appartiennent à la famille de la « pierre-papier » Les OPCI sont souvent confondus à tort avec les sociétés civiles de placement immobilier (SCPI). Ils s’en distinguent par la nature de leurs investissements. Alors que les SCPI (…)

Lire la suite ...

[TEASER] Prêt hypothécaire, crédit lombard et avances sur contrats d’assurance, des solutions d’ingénierie patrimoniale au service des projets familiaux

« Les conteurs d’histoires ressemblent aux gens qui vivent d’emprunt, leur crédit ne dure pas. », telle était la réflexion du Duc de Lévis au 18ème siècle montrant une vision française traditionnellement ambivalente, voire négative du crédit. (…)

Lire la suite ...