Bienvenue sur le site des Experts du patrimoine

Site de référence d’information juridique pour tout ce qui concerne les problématiques patrimoniales Notaires, professionnels de l’immobilier, de la gestion de patrimoine, de la banque, des finances et de l’assurance vous disent tout !

Nouveau !

Devenez auteur !

Retrouvez aussi l’actualité des legs et donations / rubrique associations

+ management des offices
Apostille notariale et traductions : un an et demi après la réforme, les erreurs qui reviennent

Apostille notariale et traductions : un an et demi après la réforme, les erreurs qui reviennent

Depuis le 1er mai 2025, les apostilles sont délivrées par le notariat, et les légalisations ont suivi à l’automne 2025. Le changement d’autorité n’a pas modifié les règles de fond, mais il a déplacé vers les centres notariaux des dossiers que les parquets généraux traitaient depuis des décennies, en particulier les traductions assermentées. Du côté des traducteurs, nous voyons revenir les mêmes erreurs. Les voici, avec la manière de les éviter.

Une traduction assermentée n’est pas un acte public : pour être apostillée, la signature du traducteur doit d’abord être légalisée, en mairie ou chez un notaire. L’apostille porte alors sur cette légalisation. L’ordre des étapes est décisif : apostille de l’original, traduction de l’acte et de son apostille, légalisation de la signature du traducteur, puis apostille de la traduction si le pays de destination l’exige. La plupart des rejets viennent d’une étape oubliée ou faite dans le mauvais ordre.

Le cadre : ce qui a changé, ce qui n’a pas changé

Le décret n° 2024-1200 du 23 décembre 2024, modifiant le décret n° 2021-1205 du 17 septembre 2021, a confié l’apostille puis la légalisation aux conseils régionaux et chambres interdépartementales des notaires. Les demandes sont traitées par les centres d’apostille et de légalisation, en ligne ou au guichet, et l’apostille est délivrée par défaut sous forme électronique, inscrite dans un registre national qui permet au destinataire de la vérifier.

Ce qui n’a pas changé : l’apostille atteste la véracité de la signature, la qualité du signataire et, le cas échéant, l’identité du sceau (article 5 de la Convention de La Haye du 5 octobre 1961). Elle ne porte jamais sur le contenu du document, et elle ne peut porter que sur une signature publique ou authentifiée.

Erreur n° 1 : demander l’apostille d’une traduction sans légalisation préalable

C’est la plus fréquente. Le client, ou parfois l’étude, adresse au centre la traduction signée par l’expert, en pensant que la qualité d’expert judiciaire suffit. La traduction est un acte sous signature privée : la signature du traducteur doit être légalisée, puis c’est cette légalisation qui est apostillée. La rubrique « a été signé par » de l’apostille mentionne alors l’agent de mairie ou le notaire, et non le traducteur, ce qui surprend souvent les clients.

Erreur n° 2 : traduire avant d’apostiller l’original

Un acte d’état civil ou un acte notarié destiné à l’étranger doit d’abord être apostillé, puis traduit avec son apostille. Si l’ordre est inversé, l’apostille ajoutée après coup n’est pas traduite, et l’autorité étrangère la refuse, ou il faut commander une seconde traduction.

Erreur n° 3 : oublier qu’une procuration a deux signatures à authentifier

Pour une procuration à destination de l’étranger, le cas que nous rencontrons régulièrement est celui d’un modèle fourni par un notaire étranger, par exemple en croate. Le mandant signe une version française devant le notaire français ; la procuration est ensuite traduite vers la langue du pays, la signature du traducteur est légalisée, puis l’ensemble est apostillé. Chaque signature figurant sur le document à apostiller doit avoir été authentifiée : celle du mandant comme celle du traducteur.

Erreur n° 4 : apostiller un document dispensé, ou l’inverse

Le régime dépend du pays et de la catégorie d’acte. Entre États membres de l’Union européenne, les actes d’état civil sont dispensés d’apostille par le règlement (UE) 2016/1191, mais pas les procurations, les actes notariés ou les diplômes. Plusieurs conventions bilatérales dispensent de légalisation (Maroc, Bénin, Togo, Niger, Congo) ; à l’inverse, certains pays exigent une légalisation consulaire (Émirats arabes unis, Qatar, Égypte, Liban). Le tableau récapitulatif du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères, régulièrement mis à jour, fait foi : l’Algérie et le Viêt Nam ont ainsi rejoint la Convention de La Haye en 2026.

Erreur n° 5 : sous-estimer le délai total

Traduction, légalisation de signature, apostille, envoi : les délais s’additionnent. Pour une signature à date fixe à l’étranger, la chaîne doit être lancée plusieurs semaines à l’avance. Le délai de traitement du centre d’apostille n’est qu’un maillon.

Ce que l’étude peut faire en amont

– Vérifier le régime du pays dès l’ouverture du dossier, sur le tableau en vigueur.
– Indiquer au client l’ordre des étapes par écrit, en particulier pour les procurations.
– Prévoir la légalisation de la signature du traducteur à l’étude, lorsque c’est possible, pour gagner un aller-retour.
– Demander au traducteur une traduction complète, apostille et mentions marginales comprises.

À propos de l’auteur

Keran Chaussard est administrateur de l’Annuaire des traducteurs assermentés de France, qui recense près de 4 900 traducteurs experts judiciaires inscrits auprès des cours d’appel, dans 137 langues.

Sources

  • Apostille notariale et traductions : un an et demi après la réforme, les erreurs qui reviennent

A lire aussi dans la même rubrique :

Gustave Roussy : l’espoir de guérir le cancer a un nom.

1er centre européen de lutte contre le cancer, Gustave Roussy est un Institut de soins, de recherche et d’enseignement, qui prend en charge des patients atteints de tout type de cancer, à tout âge de la vie. Son expertise des cancers rares et des (…)

Lire la suite ...

Associations et notaires : la crise comme marqueur de leur transformation digitale

Un an après le début de l’épidémie de Covid, le Mouvement associatif, le Réseau national des Maisons des Associations (RNMA) et Recherches & Solidarités ont publié le troisième volet de leur enquête « #Covid-19 : où en sont les (…)

Lire la suite ...

"Septembre en or" à l’Institut Gustave Roussy

L’espoir de guérir les cancers de l’enfant a un nom 1er centre européen de lutte contre le cancer, 5e meilleur hôpital de cancérologie au monde, Gustave Roussy est un Institut de soins, de recherche et d’enseignement, qui prend en charge des (…)

Lire la suite ...

À quoi ressemblera notre Terre dans cent ans ?

« À quoi ressemblera notre Terre dans cent ans ? C’est une question banale, mais qui, je crois, nous taraude tous. Personne ne le sait vraiment. Les pessimistes imaginent la disparition des espèces, les tempêtes et les cyclones, une terre brûlée (…)

Lire la suite ...