Bienvenue sur le site des Experts du patrimoine

Site de référence d’information juridique pour tout ce qui concerne les problématiques patrimoniales Notaires, professionnels de l’immobilier, de la gestion de patrimoine, de la banque, des finances et de l’assurance vous disent tout !

Nouveau !

Devenez auteur !

Retrouvez aussi l’actualité des legs et donations / rubrique associations

+ management des offices
Observatoire Fiducial des notaires 2026 : une rentabilité en hausse, sur fond de reprise immobilière encore fragile

Observatoire Fiducial des notaires 2026 : une rentabilité en hausse, sur fond de reprise immobilière encore fragile

L’Observatoire FIDUCIAL des notaires 2026 [1], établi à partir des résultats 2025 de 1 000 études, fait apparaître une amélioration de plusieurs indicateurs économiques des offices. Les produits progressent légèrement, le résultat moyen repart à la hausse et la productivité s’améliore. Une évolution qui intervient alors que le marché immobilier ancien se redresse progressivement, après deux années marquées par un net ralentissement.

2025 aura finalement été une année de reprise

Les chiffres donnent une première indication assez simple : l’activité est repartie dans les études observées. Le niveau moyen des produits atteint 1,122 million d’euros, contre 1,084 million un an auparavant. La hausse reste mesurée, avec environ 3,5 % de progression, mais elle rompt avec la dégradation enregistrée au cours des exercices précédents.

Le contexte immobilier explique en partie ce mouvement. Après le coup d’arrêt intervenu à partir de 2023, le marché de l’ancien a retrouvé davantage de transactions. Les Notaires de France faisaient état de 949 000 ventes de logements anciens sur douze mois à fin mai 2026, soit 5,7 % de plus qu’un an auparavant. La progression est réelle, mais son rythme s’est nettement tassé par rapport au début de l’année, fin février, elle atteignait encore 11,4 %. Les acquéreurs sont toujours présents, mais ils prennent davantage leur temps et négocient davantage [2].

C’est un élément important pour comprendre les résultats des offices. Le retour des transactions ne signifie pas que le marché a retrouvé les conditions particulièrement favorables des années précédentes. Les décisions d’achat restent étroitement liées au coût du crédit. En juillet 2026, le taux moyen des nouveaux crédits à l’habitat hors renégociations atteignait 3,30 %, contre 3,27 % en juin, selon la Banque de France. La production de crédits hors renégociations s’établissait à 11 milliards d’euros sur le mois [3].

Le mouvement est donc plutôt celui d’une normalisation. Il y a à nouveau des dossiers, mais leur concrétisation peut demander davantage de temps. Pour une étude, cela change nécessairement la manière de regarder son activité. Le nombre de signatures compte, mais la capacité à absorber les variations de rythme compte tout autant.

Le volume de dossiers progresse davantage que leur valeur moyenne

L’un des chiffres les plus intéressants de l’édition 2026 concerne précisément le volume d’actes. L’office type en traite 659 en moyenne, contre 633 en 2025. Le nombre d’actes par collaborateur passe, lui, de 96 à 102.

Dans le même temps, le produit moyen par acte s’établit à 1 703 euros, alors qu’il atteignait 1 713 euros un an plus tôt. La différence est limitée, mais elle raconte quelque chose de la reprise. En effet, les études ne bénéficient pas principalement d’une augmentation du produit dégagé sur chaque dossier. Elles traitent simplement davantage de dossiers.

Extrait de l’Observatoire Fiducial des notaires 2026.

Ce point mérite d’être regardé de près parce qu’il touche directement au fonctionnement quotidien d’un office. Lorsque le produit unitaire évolue peu, voire diminue légèrement, la question de l’organisation prend davantage de poids. Le temps consacré à chaque dossier, la répartition des tâches, la capacité des collaborateurs à absorber un surcroît d’activité ou encore la gestion des périodes plus creuses peuvent finir par avoir un effet très concret sur le résultat.

Le nombre moyen de salariés, hors notaires, donne d’ailleurs une autre indication. Il s’établit à 6,4 personnes, contre 6,5 l’année précédente. Le volume d’activité augmente donc alors que la taille moyenne des équipes reste pratiquement inchangée.

Il faut évidemment éviter d’en déduire qu’un même niveau de productivité est applicable à toutes les études. Un office rural, une étude spécialisée en droit de la famille ou une structure fortement tournée vers l’immobilier n’ont ni les mêmes dossiers ni les mêmes contraintes. Mais, à l’échelle du panel, le mouvement est suffisamment net pour être relevé.

L’activité successorale reste par ailleurs bien présente, avec 56 déclarations de succession en moyenne par étude.

Le résultat se redresse, et les charges y sont pour beaucoup

La progression la plus nette apparaît finalement du côté du résultat. Le résultat net moyen avant impôt atteint 313 960 euros, contre 279 842 euros en 2025. Rapporté aux produits, il représente 28 %, contre 26 % l’année précédente.

Ce redressement ne s’explique pas uniquement par la hausse des produits. La structure des charges évolue elle aussi favorablement. Les charges externes représentent 21 % des produits, contre 22 % en 2025. Les charges de personnel, hors rémunération des notaires associés, passent de 37 % à 35 %. Les cotisations CRPCEN sur émoluments restent à 4 %, tandis que les cotisations sociales personnelles représentent 10 % des produits.

Les écarts peuvent sembler modestes lorsqu’ils sont exprimés en pourcentage. Ils prennent une autre dimension rapportés à la taille d’une étude. Avec un peu plus d’un million d’euros de produits en moyenne, deux points de charges représentent plusieurs dizaines de milliers d’euros.

C’est probablement ce qui ressort le plus clairement : la reprise de l’activité arrive dans des offices qui ont déjà dû ajuster leur fonctionnement. Le redressement du résultat tient à la fois au retour de dossiers et à la maîtrise de certains coûts.

Cette évolution intervient après une période de repli assez marquée. Dans son avis du 25 février 2026 consacré à la liberté d’installation, l’Autorité de la concurrence indique qu’entre 2022 et 2024, les mutations immobilières ont diminué de 28 % et les émoluments perçus par les notaires lors des transactions immobilières de 35 %. Elle relevait également la progression continue du nombre de notaires libéraux, malgré cette dégradation de l’activité immobilière [4].

Les chiffres de 2025 apparaissent ainsi comme ceux d’une profession qui commence à retrouver un peu de souffle, mais après avoir dû composer avec un véritable changement de cycle.

Les structures sociétaires occupent une place importante dans le panel

L’organisation juridique des offices constitue un autre enseignement de l’étude. Parmi les structures observées, 49 % sont constituées en SEL, 34 % exercent sous forme individuelle et 17 % en SCP.

Ce résultat doit être lu pour ce qu’il est, soit une photographie du panel étudié, et non une répartition statistique de l’ensemble du notariat français. La méthodologie présentée repose sur les résultats de 1 000 études sélectionnées parmi les 3 000 offices clients de l’entreprise dans ce secteur, les tranches étant établies selon le niveau de produits.

La place des SEL n’en demeure pas moins révélatrice d’un mouvement plus large de transformation des conditions d’exercice. La profession a connu une augmentation importante du nombre de notaires et d’offices depuis la mise en œuvre de la réforme de la liberté d’installation.

Extrait du Conseil supérieur du notariat, « Les chiffres clés du notariat ».

L’Autorité de la concurrence estime ainsi qu’au 31 octobre 2025, 12 231 notaires exerçaient à titre libéral dans 7 135 offices, soit une hausse de 6 % par rapport à avril 2023. Pour la période 2026-2031, elle recommande la création d’offices permettant l’installation libérale de 261 nouveaux notaires dans 82 zones. Cette recommandation doit ensuite être traduite dans la carte arrêtée par les ministres compétents.

Pour les études déjà installées, ces évolutions se traduisent notamment par de nouvelles questions autour de l’association, de la transmission et de la taille des structures. Le modèle de l’office à titulaire unique n’a pas disparu, mais la réalité économique des études peut conduire à rechercher d’autres organisations lorsque le volume d’activité ou les perspectives de développement le justifient.

Une profession qui continue de se renouveler

Le profil des titulaires observé dans l’étude est lui aussi intéressant. Les femmes représentent 61 % du panel, contre 39 % pour les hommes. L’âge moyen ressort à 47 ans. En effet, 21 % des notaires ont entre 20 et 39 ans, 45 % entre 40 et 49 ans, 24 % entre 50 et 59 ans et 10 % ont plus de 60 ans.

La tendance à la féminisation ne se limite d’ailleurs pas à cet échantillon. Les chiffres publiés par le Conseil supérieur du notariat au 31 décembre 2025 recensent 17 536 notaires en France, dont 10 153 femmes et 7 383 hommes [5].

Extrait de l’Observatoire Fiducial des notaires 2026.

Le renouvellement de la profession se lit donc aussi dans sa démographie. Pour les offices, l’enjeu dépasse celui du recrutement. Il touche à la transmission des savoir-faire, à la préparation des départs et à l’arrivée de nouveaux associés ou titulaires.

Cette question est d’autant plus concrète que la composition des études évolue en parallèle de leur taille. Dans les structures sociétaires, le nombre moyen d’associés augmente avec le niveau de produits. Il atteint 3,8 associés dans la tranche des offices réalisant plus de 2,5 millions d’euros, contre 1,2 dans ceux situés sous les 500 000 euros.

Derrière les statistiques financières, c’est donc aussi une certaine évolution du modèle de l’office qui se dessine.

La trésorerie reste stable malgré les années de ralentissement

La trésorerie moyenne apporte enfin un indicateur intéressant de la situation financière des études. Elle atteint 400 414 euros dans le millésime 2026, contre 396 117 euros en 2025. La variation est faible, mais le niveau reste supérieur à celui enregistré un an auparavant.

La moyenne cache cependant des différences considérables selon la taille des offices. Dans la première tranche, celle des études réalisant moins de 500 000 euros de produits, la trésorerie moyenne s’établit à 154 499 euros. Elle dépasse 1,12 million d’euros dans les offices dont les produits sont supérieurs à 2,5 millions d’euros.

Extrait de l’Observatoire Fiducial des notaires 2026.

Il n’est donc pas très utile de considérer la trésorerie moyenne comme une référence applicable indistinctement. Les besoins ne sont pas les mêmes selon le nombre de collaborateurs, le niveau de masse salariale ou encore le montant des fonds détenus dans l’office.

Le tableau des comptes autorisés va dans le même sens. La moyenne s’établit à 4,37 millions d’euros, pour 4,15 millions d’euros de fonds détenus, soit une couverture des fonds de 221 292 euros. Les comptes d’office et les valeurs mobilières de placement portent la trésorerie totale moyenne à 400 414 euros.

Cette photographie rappelle surtout que les résultats annuels ne suffisent pas à eux seuls pour apprécier la situation d’une étude. Un exercice bénéficiaire peut coexister avec des tensions de trésorerie, de même qu’une progression du chiffre d’affaires ne signifie pas automatiquement une amélioration proportionnelle du résultat.

Le marché immobilier donne encore le tempo

Au moment où ces chiffres sont publiés, le marché immobilier ne donne pas encore de signal permettant de considérer le retournement comme définitivement derrière lui. Les données disponibles à l’été 2026 décrivent plutôt une phase de stabilisation. La Banque de France fait état d’une évolution contenue du nombre de nouveaux prêts depuis le début de l’année et d’un taux de crédit immobilier qui a légèrement remonté en juillet. Sur douze mois, le nombre de transactions immobilières atteint 1,017 million, tandis que les prix des logements anciens en France métropolitaine reculent de 0,9 % sur un an au deuxième trimestre 2026.

Les études disposent donc aujourd’hui d’un environnement plus favorable qu’au plus fort du ralentissement, sans pour autant retrouver un marché particulièrement dynamique.

Les chiffres du millésime 2026 prennent leur sens dans cet entre-deux. Davantage d’actes, un nombre d’actes par collaborateur en hausse, un résultat qui progresse et des charges mieux contenues : l’office type semble avoir tiré parti de la reprise des transactions sans élargir fortement ses équipes.

La suite dépendra largement de la capacité du marché immobilier à conserver ce nouveau rythme. Pour les offices, les prochains exercices permettront surtout de voir si le rebond de l’activité peut s’installer dans la durée, ou s’il restera lié à une phase de rattrapage après deux années particulièrement difficiles.


Article initialement publié sur le Village de la Justice.


Notes :

[1] L’observatoire FIDUCIAL 2026 des notaires, publié le 09/09/2026, ratios d’analyse établis à partir des résultats 2025 de 1 000 études sélectionnées parmi les 3 000 offices clients que compte FIDUCIAL dans ce secteur d’activité. L’importance du nombre de dossiers traités, l’unicité de méthodologie assurent le sérieux des données fournies et constituent une photographie représentative de la profession. Les tranches sont définies en fonction du chiffre d’affaires.

[2] Conseil supérieur du notariat, « Marché immobilier : un équilibre à préserver », 23 juillet 2026.

[3] Banque de France, « Crédits aux particuliers - 2026-07 », 7 septembre 2026.

[5] Conseil supérieur du notariat, « Les chiffres clés du notariat », données au 31 décembre 2025.

  • Observatoire Fiducial des notaires 2026 : une rentabilité en hausse, sur fond de reprise immobilière encore fragile

A lire aussi dans la même rubrique :

Mobiliser la valeur de son logement tout en continuant à l’occuper : une solution patrimoniale sécurisée pour les propriétaires seniors

Au sommaire de cet article... I. La cession partielle : une mutation réelle de propriété II. La convention d’indivision : d’un état précaire à un outil structuré III. La jouissance privative : dissociation entre propriété et usage (…)

Lire la suite ...

Le legs avec charge, nouvel outil de protection dans les familles recomposées

Résumé opérationnel • L’article 1021 du Code civil sanctionne en principe le legs de la chose d’autrui. • Mais ce texte n’étant pas d’ordre public, le testateur peut imposer à ses héritiers la charge de procurer au légataire l’usufruit entier (…)

Lire la suite ...

Étude CSN « La grande transmission » : que recouvre vraiment le chiffre de 6 200 milliards d’euros ?

Le sujet n’est pas nouveau dans les études consacrées au patrimoine. Ce qui l’est davantage, c’est l’ampleur des montants qui lui sont associés. À mesure que les générations du baby-boom avancent en âge, une quantité importante de patrimoine (…)

Lire la suite ...

L’exercice du droit de présentation des notaires est-il subordonné à la démonstration d’un seuil d’activité minimal ?

1. Jugé conforme à la Constitution [1], l’article 91 de la loi du 28 avril 1816 attribue aux notaires – ainsi qu’à d’autres officiers ministériels comme les avocats au Conseil – un droit de présentation. L’exercice de ce droit consiste, pour (…)

Lire la suite ...