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De l'ingénierie patrimoniale à l'ingénierie notariale, il n'y a qu'un pas. Par Guillaume Boudon

De l’ingénierie patrimoniale à l’ingénierie notariale, il n’y a qu’un pas. Par Guillaume Boudon

Du 12 au 14 octobre 2022 s’est déroulé le 118e Congrès des Notaires de France, avec pour nouvelle sémantique l’ingénierie notariale. Thierry Delesalle, Président du Congrès, a profité de l’occasion pour passer un message à ses confrères, en les exhortant à passer d’une culture de l’acte à une culture du conseil. Il souhaite, à ce titre, lancer le family office dans la profession notariale. Et il a bien raison compte tenu des dangers identifiés auxquels sont confrontés les notaires (baisse des tarifs, diminution du nombre d’actes, fragilisation de l’acte authentique) et des besoins grandissants de conseils en matière patrimoniale.

Les family offices et les études notariales : à la croisée des chemins entre concurrents et partenaires

Les professions notariales et de family office sont à la fois concurrentes et complémentaires. Historiquement, les notaires ont toujours été les conseils privilégiés des familles, les conseillant patrimonialement tout au long de leur vie. Toutefois, le notariat est concurrencé depuis quelques années par ces structures indépendantes de conseil que sont les family offices.

Les family offices ont été créés par des familles fortunées américaines à la deuxième moitié du XIXe siècle pour protéger et gérer leur patrimoine. Initialement centrée sur la gestion de liquidités, cette activité s’est rapidement développée avec la complexification des problématiques patrimoniales rencontrées par ces familles. L’industrie s’est rapidement développée, afin d’intégrer une approche globale et de s’intéresser à l’ensemble du patrimoine personnel et professionnel des familles.

Les notaires voient également les family offices comme des partenaires, puisque leur grande force réside dans leur capacité à accompagner leur client en ayant une vision 360° de leur patrimoine. Le family officer est un peu le « chef d’orchestre » : il coordonne les différents intervenants (notaires, avocats, banquiers, experts-comptables) et intervient sur des sujets très variés. C’est un peu le médecin de famille, il est généraliste et dispose de vastes compétences qui vont de la gestion financière à la fiscalité, en passant par l’économie, la philanthropie, la gouvernance familiale, la médiation etc. Il accompagne les familles au sens large, des grands-parents aux petits-enfants.

Les études notariales l’ont bien compris et souhaitent tirer leur épingle du jeu en devenant les prochains couteaux suisses du conseil patrimonial. Comment ? En s’unissant à des cabinets d’avocats ou d’experts comptables en misant sur l’interprofessionnalité. L’interprofession permet aujourd’hui aux clients de jouir d’une offre complète de stratégies patrimoniales, de la réflexion à la mise en application.
Et c’est une bonne chose. Les notaires comprennent qu’il faut compléter leur culture de l’acte juridique par celle de la haute couture et du conseil sur-mesure. Certaines études disposent également de services d’ingénierie patrimoniale en interne. Mais cela ne concerne malheureusement que trop souvent les grosses études parisiennes.

Le nombre de familles fortunées étant de plus en plus croissant, la demande sera de plus en plus forte

Selon la dernière étude de Credit Suisse [1] sur la richesse dans le monde, le nombre de millionnaires devrait passer de 62,5 millions à 87 millions entre 2021 et 2026. C’est une aubaine pour les professionnels de la gestion de patrimoine, d’autant plus qu’ils sont encore trop peu nombreux à faire appel aux services d’un family office.

« En France, quelques centaines de familles font aujourd’hui appel aux services d’un family office, alors qu’environ 5 000 auraient un patrimoine qui le leur permettrait », évalue Bernard Camblain, président d’honneur de l’AFFO et co-fondateur de Meeschaert Family Office.

Cette profession attire, puisque parmi les équipes ou les fondateurs nous rencontrons de nombreux anciens notaires. Le contexte législatif est de plus en plus contraignant pour les notaires, lesquels sont confrontés à une augmentation des tâches administratives et manquent cruellement de temps pour se recentrer sur du conseil pur. Cette frustration peut pousser ces notaires à quitter leurs études pour partir travailler en family office.

Il y a donc un virage à prendre pour les études notariales. Il est temps de lancer le family office dans la profession notariale comme l’a rappelé Thierry Delesalle, en se recentrant sur le conseil afin de devenir des « couturiers haut de gamme du conseil patrimonial ». Les notaires disposent des moyens nécessaires pour le faire, à eux de franchir le pas !

Guillaume Boudon
Fondateur et CEO de Titan Partners


Notes :

[1Credit Suisse Research Institute, Global Wealth Report 2022.

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