Bienvenue sur le site des Experts du patrimoine

Site de référence d’information juridique pour tout ce qui concerne les problématiques patrimoniales Notaires, professionnels de l’immobilier, de la gestion de patrimoine, de la banque, des finances et de l’assurance vous disent tout !

Nouveau !

Devenez auteur !

Retrouvez aussi l’actualité des legs et donations / rubrique associations

+ management des offices

 
 /  Immobilier

Dispositif Jeanbrun : un nouveau cadre fiscal pour relancer l'investissement locatif

Dispositif Jeanbrun : un nouveau cadre fiscal pour relancer l’investissement locatif

Adopté dans la loi de finances pour 2026, le dispositif Jeanbrun, officiellement nommé « statut du bailleur privé », marque une inflexion importante de la politique fiscale immobilière française. Pensé pour succéder au Pinel et soutenir la production de logements, il repose sur un mécanisme d’amortissement fiscal inédit pour les particuliers investisseurs. Entre volonté de relance de l’offre locative et transformation des stratégies patrimoniales, ce nouveau dispositif modifie en profondeur les repères de l’investissement résidentiel.

Un dispositif né de la fin du Pinel et de la crise du logement

Le dispositif Jeanbrun s’inscrit dans un contexte de contraction de l’investissement locatif observée depuis plusieurs années. La disparition progressive du dispositif Pinel fin 2024 a contribué à une baisse significative des acquisitions destinées à la location, dans un marché déjà confronté à une pénurie structurelle de logements.

Introduit dans la loi de finances pour 2026 (article 12 octies), le mécanisme vise à instaurer un véritable « statut du bailleur privé », présenté par le gouvernement comme un levier destiné à relancer la construction et la rénovation immobilière. Son objectif affiché serait notamment de contribuer à la production annuelle de logements, alors que les besoins nationaux sont estimés à plusieurs centaines de milliers d’unités par an.

La mesure a été promulguée le 19 février 2026 et publiée au Journal officiel le lendemain, avec une entrée en application pour les acquisitions réalisées entre 2026 et le 31 décembre 2028, sous réserve des décrets d’application attendus.

Le passage d’une réduction d’impôt à un mécanisme d’amortissement

La principale rupture introduite par le dispositif Jeanbrun concerne la logique fiscale elle-même. Contrairement au Pinel, qui reposait sur une réduction directe de l’impôt, le nouveau régime adopte un système d’amortissement du bien immobilier.

Concrètement, une fraction de la valeur du logement peut être déduite chaque année des revenus imposables du bailleur. Les taux d’amortissement varient généralement entre 3,5 % et 5,5 % selon le niveau de loyer pratiqué (intermédiaire, social ou très social).

Ce mécanisme permet de diminuer le revenu global imposable, ce qui constitue une évolution notable : l’avantage fiscal ne dépend plus uniquement du montant d’impôt dû mais agit directement sur la base taxable.

Parallèlement, le plafond du déficit foncier imputable sur le revenu global est relevé jusqu’à 21 400 euros, contre 10 700 euros dans le droit commun, renforçant l’effet fiscal pour certains profils d’investisseurs.

Un dispositif sans zonage territorial

Autre évolution majeure : la disparition du zonage géographique hérité des dispositifs précédents. Là où le Pinel limitait l’avantage fiscal aux zones dites tendues, le dispositif Jeanbrun devient accessible sur l’ensemble du territoire français.

Cette généralisation vise à encourager l’investissement également dans les villes moyennes ou les secteurs nécessitant des opérations de réhabilitation.

Toutefois, l’éligibilité reste encadrée par plusieurs conditions :

  • acquisition d’un logement situé en immeuble collectif ;
  • exclusion des maisons individuelles ;
  • engagement de location nue à usage de résidence principale pendant au moins 9 ans ;
  • respect de plafonds de loyers et de ressources des locataires ;
  • impossibilité de louer à un membre du foyer fiscal ou à un proche.

Dans l’ancien, des travaux représentant une part significative de l’investissement peuvent être exigés afin d’améliorer la performance énergétique du logement.

Une logique patrimoniale plus que purement fiscale

En favorisant l’amortissement plutôt que la réduction d’impôt, le dispositif modifie la manière d’appréhender la rentabilité immobilière. L’avantage fiscal s’inscrit davantage dans une stratégie de détention longue et de constitution patrimoniale que dans une optimisation fiscale immédiate.

Selon plusieurs analyses spécialisées, cette orientation rapproche le régime d’une logique comptable comparable à certains statuts existants dans la location meublée, tout en conservant le cadre de la location nue.

Le dispositif permet également d’investir aussi bien dans le neuf que dans l’ancien rénové, élargissant ainsi le champ des opérations possibles par rapport à certains mécanismes antérieurs exclusivement centrés sur la construction neuve.

Des objectifs économiques et budgétaires assumés

Au-delà de l’incitation individuelle, la réforme poursuit une finalité macro-économique : soutenir l’offre locative privée dans un contexte de ralentissement de la construction.

Le gouvernement estime que le mécanisme pourrait contribuer à la production d’environ 50 000 logements par an via l’investissement privé, tout en représentant un coût budgétaire inférieur à celui du Pinel sur la durée.

L’approche traduit ainsi une tentative de rééquilibrage entre soutien fiscal aux investisseurs et maîtrise des dépenses publiques, dans un environnement marqué par la hausse des taux d’intérêt et la fragilisation du modèle économique de l’investissement locatif.

À lire également : Investissement locatif : quels sont les dispositifs ? Service Public / Direction de l’information légale et administrative.

  • Dispositif Jeanbrun : un nouveau cadre fiscal pour relancer l’investissement locatif

Commenter cet article

Vous pouvez lancer ou suivre une discussion liée à cet article en cliquant et rédigeant votre commentaire. Votre message n’apparaîtra qu’après avoir été relu et approuvé. Nous ne publions pas de commentaires diffamants, publicitaires ou agressant un autre intervenant.

A lire aussi dans la même rubrique :

La vente à réméré, une solution pour monétiser un patrimoine immobilier

Pourquoi monétiser son patrimoine immobilier ? La vente à réméré fait partie de la famille des solutions de refinancement ou de « monétisation » d’un patrimoine immobilier existant. Cette opération transmet la propriété du bien immobilier pendant une (...)

Lire la suite ...

[TEASER] Le viager, une solution tout-en-un pour répondre aux objectifs de vie des séniors ?

Un marché qui semble enfin décollerUn marché en essor Selon le dernier baromètre annuel Renée Costes Viager1 , six mille transactions en viager ont été conclues en 2024, un chiffre en hausse de 5 % par rapport à 2023. De plus, les ventes ont progressé (...)

Lire la suite ...

IFI : qui est redevable entre l’usufruitier et le nu-propriétaire ?

Au sommaire de cet article... I. Le cadre juridique du démembrement de propriété A. Les droits respectifs de l’usufruitier et du nu-propriétaire B. Les origines du démembrement : volontaires ou légales II. Principe général (...)

Lire la suite ...

Les taux de crédit immobilier repartent à la hausse !

Selon la dernière note de conjoncture des notaires [7], le volume de transactions de logements anciens à fin avril 2025 a atteint 892 000 transactions en rythme annuel, après avoir atteint un point bas en septembre 2024 avec 832 000 ventes en (...)

Lire la suite ...